Assassin’s Creed Syndicate est sorti en octobre 2015 sur PS4 et Xbox One, puis sur PC en novembre de la même année. Ubisoft misait alors sur une formule rodée, mais avec un pari audacieux : deux protagonistes jouables, une capitale industrielle grouillante, et une mécanique de gangs que la série n’avait jamais tentée. Le résultat est plus convaincant qu’on ne l’attendait.
Londres, 1868. La révolution industrielle bat son plein, les rues sont noires de suie, et les Templiers tiennent la ville d’une main de fer. C’est dans ce contexte que les jumeaux Frye — Jacob et Evie — débarquent pour changer l’ordre des choses. Pas en douceur.
Jacob et Evie Frye : deux assassins, deux styles
Jacob, l’instinct plutôt que le plan
Jacob Frye fonce. Son style de combat privilégie la brutalité contrôlée, les rixes de rue, la bagarre au couteau de forgeron. Il recrute des membres de son gang, les Rooks, et s’impose par la force dans les quartiers londoniens contrôlés par les Blighters, la faction templière. Jouer Jacob, c’est souvent accepter que la discrétion est optionnelle.
Son arc narratif tourne autour de la reprise de Londres quartier par quartier — une mécanique de territoire qui rappelle vaguement la Rome d’Assassin’s Creed Brotherhood, en plus organique.
Evie, la stratège dans l’ombre
Evie Frye joue dans un registre opposé. Ses missions se concentrent sur la recherche d’un artefact de l’Isu, le Morceau d’Éden dissimulé quelque part dans la capitale. Elle incarne l’assassin au sens classique : observation, infiltration, élimination propre. Ubisoft a conçu ses arbres de compétences différemment de ceux de Jacob — Evie peut littéralement devenir invisible quelques secondes, ce qui ouvre des approches furtives inédites.
Le fait de switcher librement entre les deux personnages selon la mission choisie reste l’une des meilleures décisions de design du jeu. Ce n’est pas cosmétique : les deux ont une vraie identité mécanique.
✅ À retenir
Jacob et Evie ne sont pas deux skins du même personnage. Leurs arbres de compétences, leurs missions principales et leurs approches de jeu sont réellement distincts. Alterner entre eux est le cœur de l’expérience Syndicate.
🎯 Londres comme terrain de jeu
Une reconstitution historique ambitieuse
Ubisoft a construit un Londres de 1868 d’une densité remarquable. Westminster, Whitechapel, Southwark, The Strand… Sept districts reproduits avec un soin documentaire visible : architecture victorienne, omnibus tirés par des chevaux, Tamise animée par des péniches. Plus de 50 personnages historiques apparaissent dans le jeu, de Charles Darwin à Charles Dickens en passant par Florence Nightingale et Karl Marx.
Ces rencontres ne sont pas anecdotiques. Certaines débloquent des missions annexes qui valent le détour — la séquence avec Darwin autour de l’évolutionnisme appliqué aux assassins, par exemple, tourne à l’absurde avec un humour pince-sans-rire assez rare dans la série.
La grappin : enfin de la verticalité
London est verticale. Les façades hausmanniennes, les cheminées d’usines, les toits d’églises — tout ça devenait frustrant à escalader à la main dans les précédents opus. Syndicate introduit le grappin, et c’est une vraie révolution fonctionnelle pour la mobilité. Traverser un district entier en quelques secondes, se hisser sur Big Ben, plonger sur une cible depuis les toits de Buckingham : le sentiment de liberté est immédiat.
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districts de Londres à libérer des Templiers dans Syndicate
⚠️ La mécanique des gangs : bonne idée, exécution variable
Récupérer un district se passe toujours de la même façon : tuer le lieutenant templier local, libérer des enfants travailleurs, neutraliser les convois ennemis, puis affronter le chef de gang Blighter en duel. Une fois le quartier pris, les Rooks le contrôlent et génèrent des revenus. Le principe est satisfaisant les premières heures. Sur sept districts, la formule s’essouffle un peu vers le cinquième.
Les batailles de gangs — affrontements massifs entre Rooks et Blighters — sont spectaculaires visuellement mais peu exigeantes tactiquement. On y revient surtout pour débloquer des améliorations d’équipement.
⚠️ À garder en tête
Si vous enchaînez les districts sans varier les activités secondaires, Syndicate peut sembler répétitif dès la mi-jeu. Intercalez les missions historiques et les enquêtes d’Evie pour maintenir le rythme.
Le contenu principal et les DLC
La campagne solo se boucle en une vingtaine d’heures pour un joueur qui suit l’histoire sans trop s’attarder. En visant le 100 %, comptez 40 à 50 heures, grâce aux collectibles, courses de calèches, défis d’assassinat et activités annexes disséminées dans tout Londres.
Le DLC le plus notable reste Jack l’Éventreur, sorti en décembre 2015. Il se déroule 20 ans après les événements principaux, avec une Evie vieillie face à un tueur en série basé sur le vrai Jack the Ripper de 1888. L’atmosphère est nettement plus sombre, presque horrifique par moments, et la narration tient la route sur ses 4 à 5 heures. C’est l’un des meilleurs DLC narratifs de la série.
| 📦 Contenu | ⏱️ Durée estimée | 📝 Note |
|---|---|---|
| Campagne principale | 20-25 h | Solide, quelques longueurs |
| Completion 100% | 40-50 h | Collectibles nombreux mais inégaux |
| DLC Jack l’Éventreur | 4-5 h | Meilleur DLC narratif de Syndicate |
| DLC Les Ombres de Dickens | 2-3 h | Anecdotique mais sympathique |
Syndicate face aux autres opus Ubisoft
Après le désastreux lancement d’Assassin’s Creed Unity en 2014 — bugs omniprésents, visages qui fondent, serveurs en rade — Ubisoft avait un crédit sérieusement entamé. Syndicate est arrivé comme une réhabilitation partielle. Techniquement stable dès le premier jour (une performance notable pour Ubisoft à l’époque), bénéficiant d’une direction artistique cohérente et d’un duo de personnages attachants.
« Syndicate est le seul AC de la génération PS4/Xbox One lancée à la sortie à tenir ses promesses techniques. C’est peu et c’est beaucoup. »
— Consensus presse spécialisée, automne 2015
La série a ensuite bifurqué radicalement avec Origins (2017) et son passage au RPG pur. Syndicate représente donc la fin d’une ère — le dernier Assassin’s Creed « classique » avec une carte de ville dense, des missions d’assassinat structurées, et un fil narratif templiers/assassins traité sérieusement. Pour beaucoup de fans de la première heure, c’est précisément ce qui le rend précieux.
💡 Notre conseil
Si vous découvrez Syndicate en 2024-2025, achetez la Gold Edition sur Steam ou PSN — elle inclut Jack l’Éventreur et vaut souvent moins de 10 € en promotion. Le jeu tourne parfaitement sur PS5 et Xbox Series en rétrocompatibilité, avec des temps de chargement quasi inexistants.
Ce que Syndicate fait vraiment bien
Au-delà du marketing Ubisoft, voilà ce qui fonctionne concrètement :
- L’écriture des jumeaux Frye — leur relation fraternelle, leurs désaccords, leur complicité — est la meilleure caractérisation de personnages que la série ait produite avant Bayek dans Origins.
- Le grappin transforme la mobilité urbaine et rend Londres vraiment agréable à parcourir.
- Les rencontres avec les personnages historiques sont souvent drôles, parfois émouvantes (la mission avec Nightingale est particulièrement réussie).
- Le système d’artisanat et d’amélioration d’équipement est simple sans être simpliste — on choisit vraiment un style.
- La bande-son de Austin Wintory et Jeff Broadbent colle parfaitement à l’ambiance victorienne.
Les limites sont réelles aussi : la progression des districts devient mécanique, les personnages templiers manquent de profondeur (Crawford Starrick est un antagoniste oubliable), et la composante moderne de l’histoire Animus reste squelettique. Mais si vous cherchez un open world historique solide avec deux héros bien écrits et une ville magnifique à explorer, Syndicate livre ce qu’il promet.
La dynamique entre Jacob et Evie rappelle d’ailleurs, dans une certaine mesure, les liens forts qui unissent deux personnes partageant un même objectif mais des chemins opposés — une sorte de lien profond comparable à ce que l’on étudie dans les recherches sur l’Amitié, ou même ces relations ambiguës que certains qualifient d’Âme sœur et amitié homme-femme : même chose ? La fraternité Frye, c’est un peu ça : indéfinissable mais solide.
Niveau :
Niveau : 🟢 Accessible · Plateforme : 🎮 PS4/PS5 · Xbox · PC · Genre : 🗡️ Action-Aventure
Questions fréquentes
Assassin’s Creed Syndicate est-il compatible PS5 et Xbox Series ?
Oui, Syndicate fonctionne en rétrocompatibilité sur PS5 et Xbox Series X/S. Il ne bénéficie pas d’un patch next-gen officiel, mais les temps de chargement sont nettement réduits et le framerate est stable. Ubisoft a par ailleurs annoncé une version améliorée tournant à 60 images par seconde sur ces consoles.
Quelle est la différence entre Jacob et Evie Frye dans le gameplay ?
Jacob est orienté combat frontal et gestion de gang : ses compétences renforcent les rixes et l’intimidation. Evie est bâtie pour la furtivité — elle dispose d’une capacité d’invisibilité temporaire et de meilleures options d’infiltration. Leurs arbres de compétences sont distincts et leurs missions principales divergent en termes d’objectifs.
Combien de temps faut-il pour terminer Assassin’s Creed Syndicate ?
La campagne principale se boucle en 20 à 25 heures. Une complétion à 100 % — collectibles, missions annexes, défis d’assassinat, courses de calèches — demande entre 40 et 50 heures. Le DLC Jack l’Éventreur ajoute 4 à 5 heures supplémentaires.
Quel est le meilleur DLC de Syndicate ?
Le DLC Jack l’Éventreur est largement considéré comme le meilleur. Situé 20 ans après la campagne principale, il met en scène une Evie Frye vieillie face au célèbre tueur en série de 1888. L’atmosphère est plus sombre et la narration plus tendue que dans le jeu de base, avec une durée de 4 à 5 heures bien rythmées.
Syndicate est-il un bon point d’entrée dans la série Assassin’s Creed ?
Oui, Syndicate est accessible sans connaître les opus précédents. L’histoire se suffit à elle-même et le tutoriel intègre les mécaniques progressivement. Il représente aussi le dernier AC de style classique avant le virage RPG d’Origins — c’est donc un bon point d’entrée pour comprendre l’identité originelle de la série.
Où se situe Assassin’s Creed Syndicate par rapport aux autres jeux Ubisoft de la série ?
Syndicate se situe chronologiquement après Unity (Paris, 1789) et avant Origins (Égypte ancienne, -49). Dans la timeline de la franchise, c’est le dernier épisode à utiliser la formule classique : ville historique dense, missions d’assassinat structurées, multijoueur absent. Il est généralement mieux noté qu’Unity et considéré comme une remontée en forme pour Ubisoft après le lancement catastrophique de ce dernier.