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Assassin’s Creed Syndicate : vaut-il encore le détour en 2024 ?

Londres, 1868. La révolution industrielle tourne à plein régime, les quartiers ouvriers crèvent de misère, et les Templiers tiennent la ville d’une main de fer. C’est dans ce décor que débarquent Jacob et Evie Frye, deux jumeaux assassins aux styles radicalement opposés — l’un fonce dans le tas, l’autre planifie chaque coup. Assassin’s Creed Syndicate est sorti en octobre 2015 sur PS4 et Xbox One, puis en novembre sur PC, et il reste l’un des opus les plus cohérents de la saga depuis Black Flag.

Après le fiasco technique d’Unity en 2014, Ubisoft avait une ardoise à nettoyer. Syndicate l’a fait, sans tambour ni trompette. Le jeu ne réinvente rien, mais il fait bien ce qu’il fait. Et dans une franchise qui enchaîne les sorties, c’est déjà beaucoup.

Un Londres victorien qui sert de terrain de jeu grandeur nature

Une carte dense, des quartiers bien différenciés

La carte couvre sept boroughs de Londres : Whitechapel, The Strand, Southwark, City of London, Lambeth, Westminster et Sequence. Chaque zone a son ambiance, ses gangs, ses activités. Whitechapel, contrôlé par le gang rival des Blighters, ressemble à un coupe-gorge permanent. Westminster, lui, suinte l’hypocrisie bourgeoise. Cette différenciation n’est pas cosmétique — les missions et la difficulté varient selon les secteurs.

La grande nouveauté de déplacement : la grappling hook, un grappin qui permet de monter en façade en quelques secondes. Fini le parkour laborieux façon Unity. Ici, on se déplace vite, on traverse les toits sans friction excessive. Les fiacres — carrosses hippomobiles — permettent en plus de se déplacer rapidement dans les rues, une mécanique de conduite arcade qui casse bien le rythme des missions à pied.

💡 Notre conseil

Commencez par Whitechapel pour libérer vos premières zones et monter en niveau rapidement. Les ressources récupérées dès le début accélèrent considérablement l’amélioration de votre gang, les Rooks.

Jacob et Evie : deux assassins, deux façons de jouer

C’est là la vraie proposition de valeur de Syndicate. Jacob est un tueur de mêlée brutal — il préfère défoncer les portes plutôt que les ouvrir. Evie, elle, est la planificatrice : infiltration, discrétion, accès à une compétence d’invisibilité temporaire unique. Les deux personnages ont des arbres de compétences distincts et des missions principales souvent séparées.

En pratique, on finit par avoir un favori. La plupart des joueurs préfèrent Evie pour les missions d’archive ou de récupération d’artefacts, et Jacob pour les affrontements de gang. Ce système dual évite la monotonie qui plombait certains épisodes précédents.

🗡️ Jacob Frye 🔍 Evie Frye
Combat de mêlée privilégié
Compétences de chef de gang
Missions de territoires
Style agressif, peu discret
Infiltration et discrétion
Invisibilité temporaire
Missions d’artefacts et d’archives
Idéale pour les assassinats propres

⚔️ Gameplay, scénario et contenu : ce qui marche vraiment

Un système de combat nerveux, enfin lisible

Syndicate abandonne le système de combat d’Unity (trop punitif pour beaucoup) et revient à quelque chose de plus fluide. Les affrontements reposent sur des enchaînements d’attaques, des contres et des finishers spectaculaires. Pas de difficulté extrême — mais c’est assumé. Le jeu vise avant tout la sensation de puissance, pas le challenge tactique.

Les armes sont variées : pistolets à silex, lame secrète évidemment, kukri, canne-épée. Le crafting permet d’améliorer l’équipement avec des ressources collectées dans les coffres ou récupérées sur les ennemis. Rien de révolutionnaire côté progression, mais ça tourne bien.

⚠️ À garder en tête

La difficulté globale reste faible. Si vous cherchez un défi, Syndicate risque de vous frustrer par son manque de mordant — surtout en combat de masse où Jacob devient vite une machine à tuer quasi inarrêtable.

Le scénario : solide sans être mémorable

L’histoire suit les deux assassins dans leur mission de reprendre Londres aux Templiers, borough par borough, en éliminant les lieutenants d’un certain Crawford Starrick — le grand criminel en costume trois pièces qui tire les ficelles depuis les coulisses. La trame principale dure une quinzaine d’heures. Elle est bien rythmée, sans longueurs excessives.

Les personnages historiques s’invitent régulièrement : Charles Dickens, Alexander Graham Bell, Florence Nightingale, Karl Marx, Charles Darwin. Leur intégration est parfois forcée (Marx qui vous demande d’intimider des patrons d’usine, c’est savoureux), mais ça donne une couleur encyclopédique sympathique à l’ensemble. On sent qu’Ubisoft a fait un vrai travail de documentation sur l’époque victorienne.

« Syndicate est le seul AC où j’ai eu envie de faire toutes les missions secondaires. Le London Stories avec Jack l’Éventreur m’a genuinement surpris. »

— Avis récurrent sur les forums Reddit r/assassinscreed

Le DLC Jack l’Éventreur : le meilleur moment du jeu

Disponible en DLC (inclus dans la Gold Edition), le contenu Jack l’Éventreur se déroule 20 ans après la trame principale. On joue Evie Frye vieillie, face à un tueur en série qui s’avère être un ancien assassin devenu criminel hors de contrôle. L’ambiance bascule vers le thriller horrifique, la nuit permanente, les ruelles sombres de Whitechapel.

C’est court (4-5 heures), mais dense et vraiment bien écrit. La mécanique de terreur — faire fuir les ennemis plutôt que les tuer — est une idée simple qui change complètement le feeling. Ce DLC mérite à lui seul qu’on s’y attarde.

✅ À retenir

Syndicate propose facilement 30 à 40 heures de contenu en visant le 100% : missions principales, gang activities, assassinats de cibles, collectibles et DLC inclus. Pour un jeu souvent bradé à moins de 10€, le rapport qualité-prix est difficile à battre.

Syndicate dans la saga : une charnière souvent sous-estimée

Entre Unity (trop ambitieux, trop buggé) et Origins (reboot complet du gameplay en 2017), Syndicate occupe une place discrète. Beaucoup de joueurs l’ont raté ou snobé. C’est dommage — cet opus représente la forme finale du vieux système AC, celui des counter-kills et du parkour urbain, avant qu’Ubisoft ne bascule vers le RPG pur avec Odyssey et Valhalla.

Si vous aimez ce que proposait Assassin’s Creed 2 ou Black Flag — des villes à explorer, des cibles à éliminer avec méthode et préméditation, sans looter des coffres pendant 80 heures — Syndicate est probablement l’épisode qui vous correspond. Il n’a pas l’ambition d’Origins, mais il n’en a pas besoin.

Sur PC, le jeu tourne bien avec une config modeste (GTX 970 ou équivalent suffit en 1080p/60fps). La version PS4 Pro/Xbox One X offre un rendu propre. En 2024, les versions restent accessibles sur les stores numériques sans problème de compatibilité notable.

Assassin’s Creed Syndicate n’a peut-être pas marqué l’histoire du jeu vidéo, mais il a rendu service à une franchise qui en avait besoin. Jacob et Evie forment un duo attachant, Londres est une ville plaisir à parcourir, et le DLC Jack l’Éventreur mérite qu’on en parle encore aujourd’hui. Si l’univers des Amitié et des liens entre personnages vous intéresse — comme la relation fusionnelle entre les deux jumeaux, qui interroge d’ailleurs sur ce que peut être une Âme sœur et amitié homme-femme : même chose ? — Syndicate pousse cette question avec une vraie sensibilité d’écriture, rare dans le genre.